Tracts nationaux

Tous ensemble pour la convergence des luttes

Dans tout le pays, ce Premier mai est l’occasion d’un large rassemblement, dans la rue, des travailleurs du public et du privé pour exprimer le mécontentement, la colère, l’exaspération qui montent de partout. Une vague de licenciements frappe de plein fouet la classe ouvrière. Sony, Caterpillar, Molex, Altis, Continental, Fulmen-Exide… la liste des plans sociaux n’en finit pas de s’allonger. Le chômage explose, en un an il a augmenté de 16%. En mars, on compte à nouveau 70.000 chômeurs de plus et dans le même temps les grandes entreprises vont versé plus de 35 milliards de dividendes aux actionnaires. Des milliers de vie sont ainsi brisées, des villes ou des régions saccagées  pour les intérêts de multinationales à la recherche de la rentabilité maximum avec le soutien actif, la complicité du gouvernement et de l’Etat.

La violence est du côté des patrons et du pouvoir

Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, dénonce les travailleurs qui séquestrent leur patron comme des « casseurs », dans la même veine que Fillon qui dénonçait les coupures de courant par les électriciens comme « des actes de sabotage » en invoquant « l’Etat de droit ». Mais qu’est-ce donc que cet « Etat de droit » qui autorise une minorité de privilégiés à s’octroyer des dividendes mirobolants, des parachutes dorés, des salaires de plusieurs millions d’euros en lui donnant les pleins pouvoirs pour décider de la vie de millions de femmes, d’hommes, du sort de toute la société ? Cet Etat de droit, c’est la dictature des financiers. Et c’est elle qui impose une violence sociale intolérable : les licenciements, des conditions de travail et de vie de plus en plus dures, une régression sociale généralisée.

Une telle politique n'est pas négociable.

Préparer l’affrontement avec le gouvernement

Le mécontentement qui s’exprime massivement ce premier mai est porté par les mobilisations et les luttes qui éclatent dans le privé. Il est porté aussi par la mobilisation des enseignants des universités, des chercheurs, par les mouvements de grève engagés depuis 4 semaines par les électriciens et les gaziers d’EDF et de GDF, par ceux des hôpitaux… Il serait vain de se féliciter de l’unité syndicale réalisée si nous n’étions pas capables de fédérer ces mobilisations en un mouvement d’ensemble afin de faire céder patronat et gouvernement.

Les directions des grandes confédérations syndicales tergiversent, freinent, se refusent à contester frontalement la politique du gouvernement et du patronat. Il n’y a pourtant pas d’autre issue, il faut nous y préparer autour de l’exigence de l’interdiction des licenciements, du partage du travail existant entre tous, sans perte de salaire, de la garantie  d'un revenu décent, au minimum 1500 euros net.

L’heure est à la convergence des luttes, à l’unité de toutes les organisations syndicales, politiques, associatives, pour, comme l’ont fait les travailleurs des Antilles, défendre les exigences fondamentales du monde du travail par la grève générale.

Voilà ce qui serait réellement exceptionnel, historique, que toutes les forces du monde du travail s’unissent pour faire reculer patronat et gouvernement.

                                    Le 28/04/09


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Le bal des hypocrites

Que dire du dernier discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin, mardi 25 mars? Indécence ou hypocrisie? Sans aucun doute les deux. Après le scandale des stock-options des dirigeants de la Société générale, la révélation du golden parachute de 3,2 millions d'euros de Thierry Morin, ex-PDG de Valeo - qui licencie 1 600 personnes et qui a reçu 19 millions d'euros de l'Etat, Sarkozy  a réaffirmé qu'il ne «doit plus y avoir de bonus, de parachutes dorés ou de stock-options dans une entreprise qui reçoit une aide de l'Etat ou qui met en œuvre un plan social d'ampleur». Même duplicité larmoyante, le même jour par Chatel, porte-parole du gouvernement, « choqué » par ce type de rémunérations! Le Médef  obligé de réagir somme l'ex-patron de Valeo de «renoncer immédiatement» à ses indemnités.

Lundi 30 mars, Fillon présente le décret du gouvernement : ledit décret interdit jusqu'à fin 2010 les stock-options et actions gratuites pour les dirigeants de ces entreprises aidées par l'Etat, et encadre voire interdit les bonus en cas d'importants licenciements. Fin de l'épisode? Pas sûr mais le pouvoir et le Médef souhaitent, par cette mesurette, calmer la colère qui monte dans le pays. 

L'arbre qui cache la forêt

Car il s'agit bien d'une mesurette : champ d'application restreint et durée très limitée dans le temps. Pourquoi un décret et pas une loi? Le Médef n'en voulait pas, les patrons ont ainsi échappé au débat public et aux contraintes d'un texte législatif.

Manque de bol pour Sarkozy, le nouveau scandale du jour, avec l'annonce de la retraite de 1 million d'euros par an de Daniel Bouton (président de la société générale), prouve que ce décret n'est que de la poudre aux yeux. La rémunération exorbitante des grands patrons est bien l'arbre qui cache la forêt. Ce décret  gommerait les excès « voyants » en période de crise, mais il ne remet absolument pas en cause le principe même des stock-options, des primes, avantages et autres bonus.

L'essentiel est ailleurs, dans la logique même du capitalisme : au nom de la concurrence, de la course au profit, les salariés trinquent, pas d'augmentation de salaires, licenciements en cascade,   dans l'intérêt des seuls actionnaires. 

Etat d'urgence sociale

C'est bien l'interdiction des stock-options et des bonus qu'il faut exiger avec les mesures d'urgence suivantes: interdiction des licenciements, des suppressions de postes dans les services publics, augmentation de 300 euros net pour tous et suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. C'est pourquoi le NPA s'adresse à toutes les forces de la gauche syndicale, sociale et politique afin que toutes les mobilisations qu'on trouve localement en cascade dans les  
entreprises du public comme du privé, tant sur les salaires que sur l'emploi, trouvent le chemin des convergences, seul chemin à suivre si on veut battre le pouvoir Sarkozy et le patronat. Même si à l'appel des syndicats, nous manifesterons ensemble le premier mai, il y a urgence pour riposter avant. C'est dés maintenant qu'il faut agir!
 

Mardi 31 mars


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Six jours avant la grande journée de grève et de manifestations du 19 mars, Fillon a annoncé qu'il n'y aura « aucune enveloppe supplémentaire » pour faire face aux conséquences sociales de la crise. 500 milliards pour les banquiers et les patrons, 2,6 pauvres milliards pour les classes populaires et pas un centime de plus… la politique du gouvernement est on ne peut plus claire. 

« C'est une crise dont la dureté et la longueur ne peuvent pas encore aujourd'hui être prévues », « il n'y a pas de baguette magique pour la résoudre », ajoute le premier ministre. Il exprime ainsi l'impuissance des classes dominantes, mais aussi ce qui est leur seule politique face à la catastrophe qu'elles ont engendrée : faire le gros dos, passer la facture au monde du travail et profiter de la crise pour détruire un peu plus les protections sociales. 

Pas avec des journées d'action sans lendemain… 

Les journées d'action sans lendemain, aussi réussies soient-elles, ne permettront pas de stopper cette politique. Le 19 mars est pour les salariés une occasion de montrer leur force comme de se rencontrer, de débattre, de préparer des initiatives. Mais s'il n'en sort qu'un nouvel appel à une nouvelle journée de même type, sans objectifs clairs ni plan de lutte conséquent, le risque existe qu'à la longue, la répétition de telles convocations finisse par épuiser et démoraliser. 

Pourtant, le potentiel de révolte et de mobilisation populaire est immense. Les postiers des Hauts-de-Seine sont en grève depuis plusieurs semaines et leur mouvement s'étend en région parisienne. La mobilisation des enseignants-chercheurs s'élargit à l'ensemble du monde universitaire,  notamment les étudiants. Les plans de licenciements qui se succèdent dans tout le pays provoquent en réaction nombre de grèves, occupations, manifestations comme à Continental ou Sony. 

…Mais en suivant l'exemple des Antilles 

Les travailleurs et les peuples de Guadeloupe et de Martinique, en arrachant l'essentiel de leurs revendications au bout de respectivement 44 et 38 jours de grève générale, ont montré que l'on peut faire reculer le gouvernement et le Medef. Leur lutte exemplaire indique également quels sont les moyens d'y parvenir : 

- Une plateforme revendicative claire, avec des objectifs précis, chiffrés, correspondant aux besoins populaires, et pas de demi-mesures. 

- L'unité sur ces objectifs des organisations de la gauche syndicale, politique, associative et culturelle. 

- L'unité et l'organisation également à la base, la participation massive et le contrôle actif des salariés et de la population, y compris lors des négociations, meilleur moyen de mettre la pression sur le gouvernement et les patrons. 

- Et surtout, la détermination à imposer les revendications, donc à en prendre les moyens par un mouvement d'ensemble, une grève générale jusqu'à satisfaction. 

La victoire aux Antilles montre la voie à suivre face au Medef et à Sarkozy, qui ne lâcheront rien de sérieux si nous ne les y contraignons pas très fortement.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus